Les blessures lièes à la pratique du golfLes blessures liées à la pratique du golf : Revue de la littérature
A. MacHardy, H. Pollard, K. Luo, Golf injuries : A review of the literature. Sports Med 2006 ; 36(2) : 171-187.
Ce travail, publié par des auteurs australiens, est une revue de la littérature concernant l’épidémiologie des blessures liées à la pratique du golf. Plus de 250 publications ont été analysées.
Dans la première partie de l’article sont explicitées les grandes caractéristiques des pratiquants dans divers pays de référence : L’index (ou handicap) moyen en Australie est de 18,1 pour les hommes et 27,5 pour les femmes, avec un index qui remonte avec l’âge, puisque dans la tranche de 18 – 30 ans, l’index moyen est de 14,4 pour les hommes et 22,5 pour les femmes.Aux USA, l’index moyen est de 16,1 pour les hommes et 29,2 pour les femmes.En Australie, 12,4 % de la population masculine joue au golf, pour 2,6 % de la population féminine.En Europe, on comptait, en mars 2003, 3 741 680 golfeurs licenciés, alors que le nombre de golfeurs US avec un handicap était de 4,5 millions.On considérait également à cette époque, que 26,2 millions d’individus âgés de plus de 18 ans, avaient joué au golf aux USA dans les 12 mois précédents.
Etude épidémiologique :
Chez les golfeurs professionnels, la localisation de blessure la plus fréquente est le rachis lombaire, suivie du poignet gauche et de l’épaule gauche (chez les joueurs droitiers).
Chez les golfeuses professionnelles, la localisation la plus fréquente est le poignet gauche, suivie du rachis lombaire et de la main gauche. Le mécanisme lésionnel le plus fréquent chez les golfeurs professionnels (hommes et femmes) est la fréquence élevée des swing à l’entraînement au practice, suivi par le fait de frapper un objet autre que la balle. Les joueurs et joueuses professionnels sont sujets aux blessures dues à un excès de jeu, mais ils continuent leur entraînement malgré la pathologie, ce qui, plus souvent que chez les amateurs, est responsable d’une aggravation de la lésion initiale. Chez les joueurs amateurs, on retrouve les mêmes localisations de blessures, avec en plus le coude gauche, tout particulièrement chez les femmes (droitières). Les mécanismes lésionnels sont ici un excès d’entraînement et de jeu, une mécanique (technique) de swing déficiente, le fait de frapper le sol ou un objet autre que la balle et « l’air shot ». Les traumatismes par un club ou la balle sont rares.
Les localisations lésionnelles spécifiques :
Le rachis lombaire :Les blessures au niveau du rachis lombaires représentent 23,7 à 34,5 % des pathologies selon les études considérées. Différentes contraintes s’appliquent au niveau du rachis lombaire : Compression (de haut en bas).Inclinaison latérale d’un coté puis de l’autre.Cisaillement lors du transfert de poids d’arrière en avant.Le pic de contrainte en compression est équivalent à 8 fois le poids du corps. Notons que le recrutement musculaire lombaire (activité électrique enregistrée lors d’un EMG) est de 90 % chez les amateurs et de 80 % chez les professionnels (par rapport au maximum possible). Chez les joueurs professionnels, les douleurs rachidiennes sont localisées à droite dans 51 % des cas, à gauche dans 28 % des cas et médianes dans 21 % des cas. Dans le même travail, les auteurs mettent en évidence des ostéophytes lombaires et des modifications radiologiques des facettes lombaires chez les joueurs souffrant de lombalgies. Le poignet et la main :La biomécanique du poignet est complexe pendant le swing, associant flexion – extension – inclinaisons radiale et cubitale – prono-supination. Le mécanisme lésionnel le plus fréquent pour le poignet est de frapper un objet autre que la balle, avec une décélération brutale. La plupart des lésions concernent les structures ligamentaires et musculaires, mais la fracture de l’apophyse unciforme de l’os crochu peut également résulter de ce mécanisme. Chez les professionnels, les rough très épais peuvent être la cause de lésions du poignet et/ou de la main. Les atteintes tendineuses sont dues à un excès de jeu (et d’entraînement), à des changements de grip ou des modifications du swing. De rares cas de thromboses de l’artère radiale sont décrits dans la littérature, en relation avec un grip inadapté. Le coude :Les blessures du coudes sont fréquentes chez les amateurs, principalement chez les joueuses. Dans la majorité des cas, il s’agit de tendinites d’insertion touchant l’épicondyle (tennis-elbow) ou l’épitrochlée (golf-elbow). Ces lésions sont soit micro-traumatiques (sur-utilisation sur mauvais grip), soit traumatiques (la trop fameuse « gratte » avec décélération brutale du club). Les « bracelets » ou orthèses anti-vibratoires n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité, tant préventive que curative. L’épaule :La pathologie de l’épaule représente 8 à 12 % des blessures liées à la pratique du golf (jusqu’à 17 % dans certaines études). Les lésions les plus fréquentes sont les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, les arthropathies acromio-claviculaires, l’instabilité micro-traumatique de l’articulation gléno-humérale et l’arthrose de l’épaule (ou omarthrose). Les arthropathies acromio-claviculaires sont particulièrement fréquentes chez les joueurs de haut-niveau amateurs ou professionnels, souvent associées à une instabilité antérieure de l’épaule. Un grand nombre de balles frappées au practice par jour est corrélé à la fréquence de ces lésions. La tête et les yeux :Les blessures sont ici souvent graves, causées par la balle ou la tête d’un club. Les traumatismes sont directs avec une vitesse balistique élevée, d’où leur gravité. Les autres pathologies liées à la pratique du golf :L’analyse de la littérature permet d’en établir une liste non exhaustive, certains étant très rares : Accidents cardio-vasculaires chez des sujets à risque, bien que le golf soit considéré comme une activité modérément contraignante sur le plan cardiaque.Mélanomes (cancer de la peau) liés à l’exposition solaire.Fractures de stress (ou de fatigue) : les localisations les plus fréquentes sont ici les cotes, le tibia et l’apophyse unciforme de l’os crochu.
Conclusion
La pratique du golf est associée à un nombre significatif de pathologies plus ou moins spécifiques, principalement ostéo-articulaires.
L’excès de jeu et d’entraînement associé à des « faiblesses » techniques sont les mécanismes lésionnels les plus fréquents. Des recherches épidémiologiques seront nécessaires dans le futur (y compris en France !!), afin d’affiner les résultats de cette revue de la littérature.
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